lundi 5 décembre 2016

Devant l’ONU, Michaëlle Jean «préoccupée» par la coupure de RFI et Okapi en RDC

Michaelle Jean, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, devant l'assemblée générale des Nations unies, en septembre 2015. (Photo d'archive)
© UN Photo/Kim Haughton

En RDC, le signal de RFI est toujours coupé à Kinshasa et celui de la Radio Okapi, la radio de l'ONU, est brouillé. La secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean a tenu à exprimer son inquiètude devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

A New York, Michaëlle Jean vient de s’exprimer devant le Conseil de sécurité des Nations unies. La secrétaire générale de la Francophonie s’est dite « préoccupée » par la coupure du signal de RFI et le brouillage de Radio Okapi en République démocratique du Congo : « Ceci est inquiétant et ceci est à éviter au nom de la liberté de la presse et de la liberté d’expression », a-t-elle déclaré. Ces perturbations ont commencé dans la nuit de vendredi à samedi 5 novembre alors qu’était prévu ce même jour à Kinshasa un rassemblement de l’opposition, interdit par les autorités. RFI reste accessible sur les ondes courtes, via son site internet et les applications mobiles.
Je veux souligner l'importance du respect de la liberté de parole et de la 

RDC: un décret fixe de nouvelles règles de diffusion pour les médias étrangers

Antennes de télévision. Vue sur Kinshasa depuis un toit de Brazzaville (photos d'illustration).
© Veronique DURRUTY/Gamma-Rapho via Getty Images

C'est l'un des derniers actes du gouvernement sortant en RDC. Alors que le signal de RFI a été coupé à Kinshasa, il y a dix jours, le ministre de la Communication Lambert Mende a signé ce décret en fin de semaine dernière. Un texte qui modifie les règles de diffusion des médias étrangers en RDC et qui donne un ultimatum jusqu'au 12 décembre à ces médias pour s'y conformer.

L'ex-ministre de la Communication Lambert Mende a signé un arrêté conditionnant la diffusion en continu des médias étrangers à une prise de contrôle par des Congolais de leur entreprise. L'autre option, ce serait d'avoir un partenariat avec une radio privée congolaise et n'émettre que par intermittence. Les télévisions et radios étrangères n'auraient donc qu'entre 30 et 45 jours pour se mettre en conformité avec cet arrêté sous peine de voir leur fréquence ou antenne coupée.
« Cet article vise à la fois la protection des intérêts nationaux en général et des intérêts des opérateurs congolais du secteur des médias en particulier. Et ce, à l’instar de ce qui se passe à travers le monde entier, où aucune législation en la matière ne fait la part belle à des opérateurs étrangers au détriment des opérateurs nationaux, explique Lambert Mende. Désormais donc, l’autorisation pour les personnes physiques ou morales de nationalité étrangère, d’opérer de manière continue dans les secteurs de la radiodiffusion sonore et de la télévision en République démocratique du Congo, est assujettie à une obligation de réciprocité et moyennant une participation majoritaire des Congolais dans le capital de l’entreprise étrangère voulant opérer dans ce secteur étant entendu que pour les Congolais l’opération dans ce secteur est tout à fait libre, comme d’habitude ».
Dans cette décision, le porte-parole du gouvernement sortant ne dit qu'appliquer l'article 61 de la loi de 1996. Un article qui stipule que « les personnes physiques ou morales étrangères peuvent être autorisées à créer une entreprise de communication audiovisuelle sous réserve de la réciprocité et moyennant une participation majoritaire des Zaïrois ». Le ministre sortant a également fustigé les propos du représentant adjoint de la France auprès des Nations unies qui s'était dit très préoccupé. Un commentaire qualifié d'ingérence par Lambert Mende.

RDC: la Monusco défend l’impartialité de Radio

Beni, Province du Nord Kivu. Cérémonie d’inauguration du studio de Radio Okapi à Beni en présence des responsables de la Monusco et des autorités politiques et administratives locales.
© Photo MONUSCO/Anne Herrmann

La pression s'accentue sur la presse en République démocratique du Congo. Ces dernières semaines, des journalistes congolais ont été interpellés, RFI est coupé depuis 12 jours à Kinshasa et le signal de Radio Okapi a lui été brouillé pendant quelques jours. Les autorités congolaises accusent la radio soutenue par les Nations Unies de partialité. De son côté, Félix Prosper Basse, le porte-parole de la Monusco, défend le professionnalisme de la radio onusienne.

RDC: meeting avorté de l'opposition à KRDC:

Photo d'illustration. Ici, une rue de Kinshasa en RDC, en septembre 2015.
© RFI/Habibou Bangré

Les autorités de République démocratique du Congo (RDC) se sont opposées, à Kinshasa, ce samedi 19 novembre, à la tenue d'une manifestation prévue par l’opposant Etienne Tshisekedi contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Un important dispositif policier a été déployé dans la capitale. Et finalement, aucune tentative de regroupement n’a vu le jour.

Comme lors du meeting avorté du 5 novembre dernier, des équipes de football occupent l’espace triomphal où devait se tenir le meeting du rassemblement de l’opposition. Mais cette fois, c’est un match féminin. Le commissaire provincial de la police les observe, assis sur une chaise, entouré de ses forces. « C’est le tournoi de la non-violence, je vais moi-même remettre la coupe », lance le général Kanyama.
Aux environs de 10 heures, l’heure prévue pour le début du meeting, les motards de la police et un pick-up font des tours sur l’esplanade, les sirènes à fond. Dans les environs, des jeunes militants de l’UDPS s’agacent : « Ils nous empêchent de revendiquer nos droits, c’est vraiment la dictature », protestent-ils.
La résidence de Tshisekedi bouclée
Au final, il n’y a même pas eu une tentative de regroupement. Il y a eu toutefois quelques interpellations, notamment près du siège de l’UDPS. La résidence d’Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, est par ailleurs sous bonne garde, avec des camions de police de part et d’autre. Un officier transmet l’ordre d’interdiction : « Les journalistes n’ont pas le droit d’y accéder. » Ce lieu comme d’autres sont « isolés », comme la place Sainte-Thérèse, rapporte le colonel Mwanamputu, assurant qu’il s’agissait du plan B du rassemblement pour tenir son meeting.
« C’est faux, ils ont une peur bleue du peuple, c’est tout », rétorque le secrétaire général de l’UDPS. Jean-Marc Kabund wa Kabund se refusait à dire ce matin que le meeting était annulé. « Il a été empêché », martèle-t-il, promettant une conférence de presse d’Etienne Tshisekedi. La police militaire est aussi déployée dans les fiefs du vieux leader de l’opposition comme à Mombele, des pick-ups passaient au ralenti. « Ils cherchent à intimider nos militants », a expliqué un cadre de l’UDPS. 

RDC: manifestation de l'opposition «empêchée»

Etienne Tshisekedi et sa femme arrivent pour la cérémonie d’hommage aux militants UDPS morts lors des violences de septembre en RDC, le 1er novembre 2016.
© RFI/Sonia Rolley

Les forces de sécurité l’avaient promis. Ils se déploieront pour empêcher le meeting prévu par Etienne Tshisekedi. Le vieux leader de l’UDPS est bouclé chez lui. Accès interdit à sa résidence. Le lieu du meeting était lui aussi occupé.

Le lieu du meeting était lui aussi occupé, comme lors du meeting avorté du 5 novembre. Bouclage de la police et des équipes de football qui occupent l’espace triomphal où devait se tenir le meeting du rassemblement de l’opposition.
Mais cette fois, ce sont des joueurs femmes. Le commissaire provincial de la police les observe, assis sur une chaise sur le côté, entouré par ses hommes. « C’est le tournoi de la non-violence, je vais moi-même remettre la coupe », lance le général Kanyama.
Aux environs de 10h, l’heure prévue pour le début du meeting, les motards de la police et un pick-up font des tours sur l’esplanade, les sirènes à fond, ils paradent littéralement. Dans les environs, des jeunes militants de l’UDPS s’agacent : ils nous empêchent de revendiquer nos droits, c’est vraiment la dictature, protestent-ils. Mais il n’y a pas de tentatives de regroupement.
La résidence d’Etienne Tshisekedi est sous bonne garde. Des camions de police de part et d’autre. Ce lieu comme d’autres est « isolé », comme le dit la police nationale congolaise. La police militaire est aussi déployée dans les fiefs du vieux leader de l’opposition comme à Mombele, des picks-up passaient au ralenti. « Ils cherchent à intimider nos militants », expliquait un cadre de l’UDPS.
Le secrétaire général de l’UDPS se refusait à dire samedi matin que le meeting était annulé. « Il a été empêché », martelait-il, promettant une conférence de presse d’Etienne Tshisekedi. Quand les journalistes ont fini par être autorisés à accéder la résidence du vieux leader de l’opposition, ce dernier ne s’est pas présenté.
Finalement, le Rassemblement de l’opposition a fait une déclaration, affirmant déclencher le compte à rebours de la fin du mandat de Joseph Kabila et dénonçant l’interdiction de manifester et les arrestations dans ses rangs.

RDC: inquiétante disparition du chef d’un parti d’opposition

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

En RDC, le président d'un parti d'opposition ainsi que son garde du corps sont portés disparus depuis jeudi dernier et leur arrestation à Kinshasa. Frédéric Boyenga Bofala, président de l'Union pour la République - Mouvement national (UNIR MN), et Pablo Diumbu Ndjeka étaient venus de Belgique pour rencontrer majorité et opposition et défendre un dialogue plus inclusif.